
"Le chant des étoiles"
Au creux de la nuit ancestrale, où le vent murmure des secrets aux feuillages, un chant s’élève. C’est l’appel de Sha, tisseuse de songes, qui invite les âmes à écouter le frémissement du monde. Là, entre terre et ciel, entre ombre et lumière, des marionnettes s’animent, portées par le souffle de l’invisible. Elles dansent, hésitent, avancent. En elles sommeille une promesse, une force encore endormie, pareille à la graine qui ignore qu’elle deviendra chêne.
Car chaque enfant est un mystère en gestation, un animal totem dont l’empreinte n’a pas encore marqué la terre. Certains portent la force de l’ours, d’autres la sagesse du hibou, la grâce du héron ou la douceur du cerf. Mais ces dons sont encore tapis sous la peau du possible, frémissant dans l’attente du premier pas, du premier cri, du premier envol.
Alors, le feu craque, l’eau clapote, l’air frémit. La nature elle-même écoute l’éveil. À chaque note chantée, à chaque question murmurée, les fils du destin se délient. L’enfant se découvre, s’élève, s’émerveille. Il apprend qu’il est tour à tour rivière et flamme, pierre et vent, qu’il est capable d’être tout ce qu’il ose imaginer.
Et tandis que le dernier écho du spectacle s’efface, un frisson parcourt l’espace. Comme si le monde, dans un souffle, venait de se souvenir… que l’émerveillement est la première clé du possible.
« Ma grand-mère disait que chaque enfant vient au monde avec un bol de lumière… »