- Élégant et autoritaire, le clown blanc forme avec l'auguste, maladroit et touchant, le duo classique du cirque.
- Jacques Lecoq appelait le nez rouge « le plus petit masque du monde » : l'acteur qui le met ne se cache pas, il se dévoile.
- Dans la rue comme à l'hôpital, le personnage reprend les mêmes ressorts, avec d'autres lieux et d'autres contraintes.
- On se forme dans des écoles de cirque, des écoles de théâtre et des stages ; il n'existe pas de voie unique.
Les types de clowns : blanc, auguste et leurs cousins
On distingue d'abord deux emplois qui ne se comprennent qu'ensemble. L'un donne les ordres, l'autre les rate, et le rire naît de l'écart entre eux.
| Type | Allure | Rôle dans le duo |
|---|---|---|
| Clown blanc | visage blanc, costume brillant et ajusté | le chef élégant, qui commande et prétend à la raison |
| Auguste | maquillage plus coloré, nez rouge, vêtements trop grands | celui qui se trompe, reçoit les reproches et reste tendre |
| Contre-pitre | mise sobre, entre les deux | l'auguste « sérieux » qui sert de faire-valoir, selon les auteurs |
| Clown de caractère | un personnage unique, souvent un vagabond ou un musicien | joue seul, avec un trait marqué (chapeau, valise, instrument) |
Le clown blanc
Proche cousin du Pierrot de la pantomime, il porte souvent un costume à paillettes et un chapeau pointu. Il exige la perfection, et son autorité est justement ce qui permet à l'auguste de la renverser.
L'auguste
Il arrive après le blanc, avec un pas hésitant et un vêtement mal ajusté. Sa naïveté met le public de son côté : il échoue, mais on lui pardonne. Une légende situe sa naissance à Berlin au XIXe siècle ; elle reste une légende.
Grock, artiste suisse et musicien ; Charlie Rivel, Espagnol ; Oleg Popov, Soviétique ; les Fratellini, famille d'artistes passée par les grands cirques parisiens. Aucun classement n'existe : chaque pays garde les siens.
D'où vient le clown ?
Le mot est anglais et désigne d'abord un paysan, un rustre, personnage comique du théâtre de la Renaissance. Celui du cirque est plus récent : il naît avec le cirque moderne.
| Époque | Ce qui change |
|---|---|
| Renaissance | le « clown » est un rôle comique de rustre dans le théâtre anglais |
| Fin du XVIIIe siècle | le cirque moderne s'installe à Londres autour de numéros équestres |
| Début du XIXe siècle | Joseph Grimaldi fait du clown de pantomime une vedette à Londres |
| XIXe siècle | l'auguste apparaît dans les cirques européens, face au clown blanc |
| XXe siècle | le personnage quitte la piste : théâtre, rue, hôpital, cinéma |
Le cinéma muet en a repris les ressorts : un personnage décalé, un corps qui parle, une dignité qui résiste aux catastrophes.
Visage, costume, accessoires : ce que chaque détail dit
Rien n'est décoratif dans l'allure d'un clown : chaque élément place le personnage face aux autres avant même qu'il parle.
| Élément | Ce qu'il raconte |
|---|---|
| Maquillage blanc | la rigueur, la distance, le chef de piste |
| Bouche et sourcils dessinés | une expression fixée que l'acteur peut contredire par le geste |
| Nez rouge | la naïveté, la franchise, le visage laissé à nu |
| Chaussures trop longues | une démarche hésitante, le gag du pas qui rate |
| Vêtements trop larges ou trop courts | un personnage qui n'est jamais à la bonne taille du monde |
Chaque artiste compose son propre visage, qu'il garde une carrière entière. Au théâtre, le seul nez rouge suffit souvent à faire entrer dans le jeu.
Le clown de théâtre et le nez rouge
Au théâtre, le clown n'est plus un emploi fixe mais une recherche personnelle : chaque acteur cherche son propre clown, celui qui apparaît quand il cesse de jouer un rôle. L'école de Jacques Lecoq, à Paris, a beaucoup contribué à cette approche.
Le nez rouge, masque qui dévoile
Lecoq appelait le nez rouge « le plus petit masque du monde ». Un masque habituel cache le visage ; celui-ci le laisse entier et expose l'acteur, avec ses hésitations et sa joie. Sans lui, l'acteur n'a rien à jouer.
- Il réagit à ce qui arrive plutôt qu'il n'applique un plan : un bruit, un objet, un regard dans la salle.
- Il accepte l'échec et le fait partager au public, qui rit avec lui.
- Il joue avec une logique à lui, simple et obstinée, qu'il tient jusqu'au bout.
Les ressorts du rire
| Ressort | Exemple | Pourquoi ça marche |
|---|---|---|
| La répétition | essayer trois fois la même porte, de plus en plus fort | le public anticipe, puis savoure l'échec |
| Le renversement d'autorité | le subalterne finit par commander | chacun aime voir l'ordre se retourner |
| L'objet récalcitrant | une chaise qui refuse de rester debout | tout le monde a déjà lutté contre un objet |
| Le regard au public | un silence, puis un coup d'œil vers la salle | le public devient complice |
| La logique obstinée | tenir une idée absurde jusqu'au bout | la cohérence rend l'absurde drôle |
Ces ressorts demandent un timing précis : une seconde de trop et le rire s'éteint. Le même sens du rythme sert aux marionnettistes.
Clown de cirque ou clown de rue
| Lieu | Public | Contrainte | Ce qui fait rire |
|---|---|---|---|
| Piste de cirque | salle installée, souvent familiale | grands gestes, lisibles depuis les gradins | l'entrée clownesque, entre deux numéros |
| Rue | passants qui s'arrêtent, ou non | bruit, météo, public libre de partir | l'interaction directe, le passage du chapeau à la fin |
L'entrée clownesque
C'est un court sketch, à deux ou trois, qui sert de respiration entre deux numéros de cirque. Le clown blanc donne une consigne, l'auguste l'exécute de travers, jusqu'au gag final.
Dans la rue
Il n'a pas de rideau pour attendre le silence. Il construit son cercle de spectateurs, tient leur attention et joue avec ce qui arrive : un passant en retard, un bus, un chien. Le spectacle de rue partage ce goût de l'imprévu avec le théâtre de marionnettes itinérant.
Les clowns hospitaliers
Des artistes professionnels, formés à ce cadre particulier, interviennent auprès d'enfants hospitalisés, souvent en duo, dans les chambres ou les salles d'attente. En France, l'association Le Rire Médecin, créée au début des années 1990, en est l'exemple le plus connu ; d'autres existent.
- Ils n'ont pas pour but de soigner : ils proposent un moment de jeu, à la mesure de l'enfant du jour.
- Ils travaillent avec les équipes de soins et respectent les règles d'hygiène du service.
- Ils s'adaptent à la fatigue, à l'âge, à l'humeur de chaque enfant, sans rien imposer.
Le nez rouge y garde son sens : il rend l'artiste accessible. Certaines personnes ressentent pourtant du malaise face à un visage maquillé, un sujet traité dans la page sur la peur des clowns.
Se former au clown
| Voie | Ce qu'on y travaille | Pour qui |
|---|---|---|
| École de cirque | acrobatie, jonglage, équilibre, présence sur la piste | qui veut un jeu très physique |
| École de théâtre | jeu, improvisation, masque, recherche du clown personnel | qui vient du jeu d'acteur |
| Stage de clown | découverte du nez rouge et de la lenteur, en quelques jours | curieux, amateurs, enseignants |
| Compagnie ou terrain | pratique devant un public, en duo ou en troupe | après une première formation |
Les parcours varient beaucoup : on y croise des acrobates, des comédiens et des marionnettistes, comme dans la page consacrée au marionnettiste. Côté timing, le clown et le spectacle jeune public partagent la même exigence.
Questions fréquentes
Quelle est la signification du mot clown ?
Le mot est anglais et désigne à l'origine un paysan, un rustre, personnage comique du théâtre. Il s'est ensuite appliqué à l'artiste de cirque et de scène qui fait rire par ses maladresses.
Quels sont les types de clowns ?
On cite le clown blanc, l'auguste, le contre-pitre et le clown de caractère. Les classements varient selon les auteurs : l'essentiel est le duo du blanc et de l'auguste.
Quelle différence entre le clown blanc et l'auguste ?
Le clown blanc est élégant et autoritaire, maquillé de blanc ; l'auguste, plus coloré, porte des vêtements trop grands et accumule les maladresses. L'un commande, l'autre se trompe.
Un clown est-il toujours maquillé ?
Non. Au cirque, le maquillage est composé ; au théâtre, le nez rouge suffit souvent, et certains artistes jouent à visage nu.
Pourquoi le nez rouge ?
C'est l'attribut de l'auguste, devenu le symbole du clown. Pour Jacques Lecoq, c'est « le plus petit masque du monde » : il laisse le visage libre et expose l'acteur.
Comment devenir clown ?
En passant par une école de cirque, une école de théâtre, des stages et la pratique devant un public. Il n'existe pas de parcours unique, et la patience compte plus que le costume.
Que font les clowns à l'hôpital ?
Ils proposent aux enfants un moment de jeu, en lien avec les équipes de soins, sans prétendre soigner. Les associations comme Le Rire Médecin forment et encadrent leurs artistes.
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